Vespa VBB 150 - 1962

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L'histoire de ce scoot trouve son origine à Karachi au Pakistan 3 semaines après les attentats qui ont couté la vie à 15 francais travaillant pour les commissions occultes de la campagne de Balladur.  Alors que j'étais assis tranquillement avec Ali, mon chauffeur de circonstance, qu'un jolie petit Vespa se faufillant entre les voitures s'arreta à ma hauteur.   Après une petit clin d'oeil au taliban qui était assis dessus (qui lui ne comprend vraiment pas pourquoi un europeen en costume lui fait un clin d'oeil)  j'ai demandé à Ali si les Vespas étaient monnais courantes ici car c'était la première fois que je mettais les pieds dans ce pays (malgré tout charmant).  Il m'a répondu qu'après notre journée de travail il m'emmenerait chiner dans le marché de la moto d'occase à Karachi.  Rendez vous fut donc pour 17h pour zoner dans les petites échoppes antiques de Karachi.  La majorité des bouclards ici sont destinées aux motos chinoises mais il reste plusieurs irréductibles qui se spécialisent sur les vespas et Triumph (voir billet sur la tiger Cub) d'époque.  Ici tout a plus de 40 ans minimum.  Dans les rues débordantes de monde, on trouve toutes les pièces pour personnaliser son Vespa, et quand on veut quelque chose d'unique, on s'emmerde pas, on le fabrique.  Le tout à même le sol et niveau sécurité c'est vachement balèze.  Tshirt et sandalles.  Du vrai custom.  Pareil pour la peinture, pas besoin de cabine, tout se fait au pinceau ou à la bombe en plein milieu de la rue. 

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 Nous voilà donc à chiner dans les rues specialisés en Vespa.  J'avais l'impression de me retrouver dans le souq de Casablanca, tout le monde m'abordait et me proposait d'acheter une de ses motos.  Heureusement Ali était avec moi et controlait la situation.  On arrivait enfin dans une des boutiques qu'on avait conseillé à Ali et on commençait à discuter le gras avec le boss.  Il n'avait pas dû changer sa tunique locale depuis sa dernière douche qui devait remonter à 2 ans environ.  Un Vespa me tapa rapidement à l'oeil et vas y que je commencais à negocier.  Au bout de 10 minutes, Ali m'a prit dans un coin et m'a dit de choisir le Vespa qui me plaisait et qu'il reviendrait négotier plus tard.  En vieux singe avertit je me suis executé sans rechiner.  J'ai donné comme seule consigne à Ali de garder la couleur d'origine du Vespa mais de le peindre à la façon des trucks pakistanais en y mettant un maximum d'accessoires.

Ali m'a rappellé le lendemain pour me dire qu'il a négocié le vespa à 100 dollars et la peinture à 50. Donc pour 150 dollars, me voilà proprio d'un Vespa.  Il ne restait qu'à effectuer les démarches de douanes et envoyer le Vespa à Dubai (ou je résidais à l'époque).  Travaillant dans le transport maritime, Ali m'informa qu'il s'occupera de toutes les formalités et que ca ne me couterait pas un franc. 

1 mois plus tard, le Vespa était livré chez moi à Dubai.  Comme je n'utilisais le Vespa que pour faire des tours du paté de maison ou que je n'allais qu'à la plage, je ne me suis jamais préocupé de l'immatriculer et encore moins de l'assurer.  J'avais pris l'attitude des locaux, inch allah....

 1 an plus tard je me suis fait muter en Norvège et j'ai pris la direction du service des exportations à Dubai pour exporter le Vespa.  Et là, gros BINS !!!!!!!  impossible de trouver le numero de chassis, du moins celui marqué sur le certificat d'importation.  Sans cela et malgré quelques tentatives de soudoiements, pas de certificat d'exportation.  J'ai appellé le gars de mon bureau qui s'était occupé des formalités lors de l'arrivée du Vespa à Dubai et là y me balance qui n'avait pas trouvé le numero de chassis à la reception de l'engin et qu'avec les douanes ils s'étaient mis d'accord pour en inventer un moyenant quelques faveurs pécunières et Inch allah.......  Pas de problème à Dubai mais gros problème pour l'exporter et le faire immatriculer en Norvège.   Qu'à cela ne tienne, je l'ai laissé à Dubai et il y est resté pendant 3 ans couvert sous un drap dans le garage de mon assos.  

Lors de mes voyages réguliers sur Dubai, je m'occupais de le nettoyer et de lui refaire une petite beauté.  Me vint alors l'idée de le démonter et de l'envoyer en pièces détachées afin de contourner le problème d'importation de véhicule.   Ainsi, lorsque j'ai appris qu'un ami Aixois de Dubai revenait au pays, je me suis empressé de lui faire livrer uniquement la partie cycle du Vespa.    

3 ans et quelques semaines plus tard,  la partie cycle du Vespa de Karachi était dans mon garage à Sausset, mais sans moteur. 

Je me suis donc mis à la recherche d'un moteur.  Chose rapidement trouvée dans les pages de scoot-en-tole, mais seul hic, il était à Barcelone.  j'avais posé mon dévolu sur un moteur PX 200 et j'en avais trouvé un à un prix raisonnable.  J'ai appelé un pote à Barcelone pour qu'il me le receptionne et me le garde jusqu'à ce que j'ai le temps de descendre passer un week end en Catalogne.  J'ai recuperé le moteur quelques semaines plus tard dans l'entrepot de ma société.

Le chassis et le moteur en main, il ne me restait plus qu'a tout remonter.  Chose faite rapidement, sauf que le PX 200 est équipé d'une roue en 10 pouces alors que mon VBB est monté en 8 pouces.  Impossible aussi de changer de garde boue avant car il est peint avec l'ensemble du Vespa.  Donc 2 solutions: rouler en 8 devant et en 10 derrière, ou bien monter un 10 devant en changement noyeux mais en prenant le risque qu'a chaque freinage la roue se bloque sur le garde boue.  J'ai fait les deux: j'ai commencé par rouler en 8 devant mais c'était pas ça au niveau look, et puis je suis passé à la 2ème solution.  Donc après avoir recuperé une jante que m'a gentilement offert mon Kiné favori, j'ai monté cette jante de 10 en prenant bien soin de retire le frein avant.  C'est pas l'idéal mais avec une conduite prudente on s'en sort pas mal. Je m'occuperais de la fourche et de toute l'electricité un des ces jours.vespa1.jpg

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